[Fr] STL – Night grooves (something)

January 4th, 2008 by Pierre-Nicolas Mader

Groovy STyLe

Derrière STL se cache le très discret Stephan Laubner, fidèle du label perlon. Pour rappel on lui doit en 2000 l’un des peaks du catalogue : le coup de maître Portside waves et ses incroyables tourbillons marins, repris sur la compilation Groovetechnology de Swayzak, et décortiqué au scalpel dans le mille-feuille minimal DE9 de Richtie Hawtin. Après ce premier morceau, Stephan était presque retombé dans l’anonymat, ne sortant en moyenne qu’une poignée de titres tous les 3 ans sur perlon.

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Décidé à augmenter un peu la cadence, il monte something, sa propre structure en 2003, avec laquelle il produit et distribue chaque année un album, généralement expérimental / ambiant / noise. Mais dès 2006 le vent tourne et un nouveau son se dessine, prenant aujourd’hui forme avec la sortie de Night grooves. Recueil de (master-)pièces detroit-house à la perlon naviguant entre Theo Parrish, Moodymann, 3 Chairs, Omar S., pour le groove hypnotique, dirt et moite, et Melchior Productions pour les ambiances un peu étranges et barrées, cet album un peu hors-norme va à contre-courant de la majorité des productions actuelles. En effet le son n’est pas vraiment clean (« abletonnisé » diraient certains), et n’est pas aussi « stable » et sculpté de manière chirurgicale que bon nombre de ses contemporains : il est juste vivant, lourd, infecté d’un groove dirty et organique, swinguant à la manière d’un chanteur de gospel natif d’Alabama en totale communion avec sa musique. Et c’est ce qui rend ce disque si unique. Ici l’émotion naît des énormes kicks déformés dans leurs chocs avec les infrabasses à la sortie des enceintes, des lignes de basses fat bien caramélisées, et bien sûr grâce aux mélodies, vicieuses et hypnotiques, plongeant l’auditeur dans des atmosphères flottantes aussi mystérieuses que de lointaines légendes slaves. Les éléments se placent progressivement et s’altèrent petit à petit, les reliefs disparaissent au fil de l’écoute, le groove suinte et diffuse une sorte de toxine paralysante, figeant l’esprit mais accélérant le cœur et l’envie de bouger : diagnostique sans appel du mécanisme archaïque de la transe en pleine expansion, sans retour à la normale possible.

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Sachez juste pour finir que l’on retrouvera Stephan dans les prochains mois pour un nouveau maxi sur perlon. Keep your ears wild open !

Tracklist# :

a1 : I’m backwards
a2 : Moonwalk
a3 : Loops 1 – 11
b1 : Lost satellite
b2 : Foggy beatz
c1 : Something is raw
c2 : Orange patterns
d1 : My home
d2 : October sunrise

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