[Fr] UK tracks : Kissey Asplund / Martyn / Untold / Tim Exile

April 30th, 2009 by Pierre-Nicolas Mader

kissey asplund…..martyn…..untold…..tim exile

On s’échappe des beats carrés pour une petite escapade londonienne, histoire d’y découvrir quelques-uns des meilleurs produits de saison. Au risque de repartir avec un panier bien rempli…

kissey asplund

Kissey Asplund – Silverlake
Extrait du maxi :
Silverlake (r2)

On serait tenté de dire que la suédoise Kissey Asplund est en passe de devenir la nouvelle Erykah Badu, dans une tessiture nu-soul sensuelle et diablement enivrante. A la différence près que Christina Kim Ingrid Asplund (de son vrai nom) n’hésite pas à s’affranchir des registres black pour s’acoquiner avec des producteurs issus du milieu électronique techno, et surtout hip-hop avant-gardiste comme sur ce magnifique Silverlake produit par l’étoile montante Dorian Concept (à ne pas confondre avec Dorine Muraille chez Gooom et FatCat). L’excellent label londonien R2 (dont nous reparlerons ici très prochainement), nous propose donc cette rencontre entre une voix fragile et suave combinée à un neo hip-hop electronica de très grande classe, dans la lignée des Flying Lotus, Hudson Mohawke, Lukid ou récemment Floating Points. Grosse impression.

martyn

Martyn – Velvet / Twenty four
Extraits du maxi :
Velvet (3024)

Ok ce deux-titres (repressé à l’occasion de la sortie de l’album Great lengths) date de 2007, mais je parie que la majorité d’entre vous le découvrira ici pour la première fois. Martyn, figure tutélaire du mouvement dubstep, propose deux morceaux d’une fraicheur déconcertante et immédiatement accessibles. En face a Velvet et son escapade dans un jardin d’enfants verdoyant lors d’un après-midi d’été ensoleillé. Progression subtile, synthés chatoyants, rythme bien cadencé… Une seule envie : se plonger dans ce track comme on s’allongerait dans une pelouse tout juste tendue qui sentirait la bonne herbe fraiche (non non pas d’allusions !). La face b (Twenty four) nous accueille par un tourbillon d’ondes radiophoniques en quête de fréquences deep et stellaires. Une infra-basse génialement sobre et puissante vient appuyer l’ensemble, qui rencontrera au fil du périple divers éléments gravitant autour de planètes sonores pas encore identifiées (voix décapées, riffs de guitare discrets, anti-matière sonique…). Un disque exceptionnel que l’on peut écouter en boucle sans risque de lassitude.

untold

Untold – Discipline
Extrait du maxi :
Discipline (hemlock)

Untold est vraiment l’un de mes chouchous du moment. Expérimentateur d’ambiances électroniques sombres sous toutes ses formes (et surtout les plus abstraites), il délivre à chaque fois des morceaux immédiatement identifiables dans le flot des sorties dubstep, de part leurs côtés franchement obscures, sans jamais tomber dans des poncifs grime / ragga vraiment lassant. Pour le track Discipline, Jack Dunning (fondateur de l’excellent label Hemlock aux côtés de Pangaea et du lillois Ramadanman) reste fidèle à un son dépouillé au rythme faussement tranquille qui contraste vraiment bien avec la pesanteur noire de la basse abstract, des effets sonores inquiétants ou encore de ces râles fantomatiques d’enfants égarés entre deux mondes qui rodent jusqu’au dernier sillon de la galette. En résumé, on pourrait qualifier ce disque de véritable “angoisse trippante“. Wooo.

tim exile

Tim Exile – Family galaxy
Extrait du maxi :
Family galaxy (warp)

Et pour finir, l’ovni du mois ! Wao, qu’est-ce que c’est que ce truc ? L’anglais Tim Exile nous la joue pour l’occasion Question pour un Champion : est-on, en effet, vraiment obligé de choisir des adjectifs probants pour essayer de décrire ce morceau ? Hum… Un petit coup de buzzer tout de même pour tenter de vous éclairer. Descendant d’une longue tradition warpienne / rephlexienne / planet muïenne pour le côté rythmique complètement barge, ultra-technique et maitrisé à la perfection, ainsi que dans l’esprit de synthèse sonore, et d’un côté pop à la Depeche Mode sur le plan vocal, Family galaxy ne connait aucun antécédent historique comparable à son évolution stylistique. Car le morceau a cette incroyable particularité de muter au fil des minutes, démarrant de façon down-tempo, puis techno, ensuite jungle, pour terminer hardcore dans un pur style bien frappadingue qui ravira les nostalgies adolescentes (happy-)gabberiennes de certains. Le tout plongé dans une electronica spacey de haute tenue, entrainée par cette voix et cette atmosphère pop, chantée par le Sir Exile lui-même. Complètement fou. Il y a bien longtemps que Warp n’avait pas autant surpris (musicalement parlant, et non au niveau de prétendues hypes – cf: Mujava, etc…). Petit bémol tout de même, indigne d’une maison aussi prestigieuse qui s’est faite aussi remarquée par son esthétique visuelle fascinante : le clip. Mais quelle nullité ! Il est tellement mou qu’il en dessert complètement la musique. Évitez donc de regarder la vidéo si jamais c’est la première fois que vous écoutez cette chanson, car vous ne pourrez en saisir toute l’intensité et la sensation vraiment dépaysante qui s’en dégage.

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