[Fr] Mathew Jonson & Dandy Jack live @ Rex Club (+ 15 min video)

November 30th, 2008 by Pierre-Nicolas Mader

dandy jack & mathew jonson

Le Rex sous la neige ! Une nuit de noël avec ses gros flocons par milliers plantait le décors d’une soirée intéressante dans le temple historique du clubbing français, pour un live inédit entre Mathew Jonson, en passe de devenir un monstre techno et que l’on ne présente plus, et le suisse Dandy Jack alias Martin Schopf, natif du Chili (un de plus) que l’on avait aperçu sur Perlon pour une house tendance micro et dépouillée, solo et en duo avec Sonja Moonear (son épouse) pour Junction SM, ou avec son compatriote Ricardo Villalobos pour Ric y Martin. Alors, alors ? Bilan de cette représentation ? Assez mitigé à vrai dire.

House minimale groovy et funky pour Dandy Jack, nappes planantes reverbérées, sinusoïdes mélodiques en mode wierdo et boite à rythme techno (Tr-909) pour Mathew Jonson, les deux hommes marient parfaitement leurs univers respectifs…

1 heure 30 l’atmosphère du Rex monte petit à petit sous l’impulsion de Molly, la djette maison, qui s’occupe en temps normal de la com’ du club. Pendant ce temps, Mathew Jonson et Dandy Jack vaquent à leurs occupations : derniers réglages des ordinateurs, check des machines, tapes dans le dos, tout le monde semble détendu et prêt. 2 heures passé, après un dernier disque (un remix du crossover d’Eddie Amador “House Music” qui fait plutôt bon effet) le live de nos deux compères se lance. Une nappe deep apparait au loin dans la brume et commence son ascension, accompagnée de micro-éléments qui semblent vouloir dessiner une première architecture rythmique. Malheureusement le duo n’a pas de retours et les ingé son s’affolent dans tous les sens pour tenter de fixer le problème. Ce dernier ne sera pas résolu avant un peu plus de 5 longues minutes, laissant dans l’expectative la foule qui se demande si le spectacle va pouvoir enfin se lancer.

Quelque part, ce début de live a reflété l’esprit du concert dans sa globalité. Une sorte d’impression un peu comme celle que l’on a d’un dj à l’écoute du premier disque de son set. On sait à peu près où il va aller, quelle sera sa couleur, son style, sa démarche… une sorte de résumé / vision extra-lucide de ce qu’il va être en mesure de nous proposer. Et ce live se déroula comme il avait commencé, non pas au niveau des problèmes techniques, mais de l’attente interminable de la fin de certains passages que l’ex-troupe comique Les Robins des Bois auraient pu rebaptiser “d’instants norvégiens”, tellement certains breaks sans fins ou morceaux imbitables ont pu casser le rythme et disons-le, couper l’envie (de danser of course).

Une autre chose à déplorer est l’ambiance-lumière. En effet, toute la prestation a baigné dans une sorte d’atmosphère orange fixe façon éclairage au sodium de route nationale (un big up à la N76 ?) pas franchement club-friendly. Vraiment dommage. On aurait aimé quelques couleurs par-ci par-là et des moments de pénombre histoire de mettre un peu mieux en valeur la musique.

La première partie (les 45 premières minutes) s’est déroulée sans à-coups. House minimale groovy et funky pour Dandy Jack, nappes planantes reverbérées, sinusoïdes mélodiques en mode wierdo et boite à rythme techno (Tr-909) pour Mathew Jonson, les deux hommes marient parfaitement leurs univers respectifs, semblant jouer leurs morceaux à tour de rôle, et s’accompagnant mutuellement. La foule est plutôt réceptive au son ainsi qu’aux harangues gestuelles et vocales de Dandy Jack (surtout cette bande de nanas furibardes dopaminées au Taureau Rouge ou autre substance psychoactive – impression qui me sera confirmée quelques dizaine de minutes plus tard quand l’une des galopantes me demandera si je sais où trouver de l’ecsta. “Heu bah non je sais pas“.)

Précision importante. Dandy Jack n’a pas su (ou n’a pas pu) être à la hauteur de la densité et de la puissance de Mathew Jonson. Et après une heure, les choses ont commencé à tourner au vinaigre. Le fameux “instant norvégien” caractérisé par ces breaks ennuyeux et interminables (plusieurs minutes parfois) ainsi que des morceaux soporifiques et sans élan rythmique provenant pour la majorité de l’ancien locataire du label Perlon, a complètement fractionnée l’ambiance. Mention spéciale à ce track insipide (in-)animé par un vocodeur solaire cheesy, oui trop, là c’était vraiment un petit peu trop. Heureusement que Mathew savait comment reprendre les commandes pour relancer la machine, à coups de Marionnette, Automatic, She is he, Typerope… Mais malheureusement une fois le morceau joué, Dandy Jack enchainait et tout retombait. Il eut peut-être été plus judicieux de proposer un set d’une heure et demi sans temps morts, en éradiquant ces passages léthargiques plombant, qui ont sorti de leur transe ou rêverie même les plus absorbés. Bon, il faut quand même signaler que les deux hommes qui ne jouent ensemble que depuis peu, n’ont certainement pas encore totalement rodé leur prestation, et que les améliorations viendront probablement avec le temps.

Au final nous avons passé d’excellents moments, mais aussi essuyé les plâtres d’un combo qui se cherche encore. Petit coup de chapeau au dernier morceau joué en express par Jonson (Symphony for the apocalypse) durant à peine 2 minutes, martelé de coups de tonnere apocalytpique (forcément) et coupé en plein milieu d’une montée qui a clôt le live. Ya pas à dire, Mathew Jonson reste l’un des meilleurs (dans le top 10 voir top 5) performer de lives électroniques techno au monde. Créatif, surprenant, fort… avait-il besoin de s’embarquer avec Dandy Jack ? On sait l’homme friand d’expérimentations scéniques (notamment avec l’incroyable Cobblestone Jazz), néanmoins il faudra attendre encore un peu le huilage de cette machine qui devrait se concrétiser au fil des sessions, et se voir sanctionner par un album, peut-être pour l’année prochaine dit-on.

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8 Comments

  1. John

    Complètement d’accord… Globalement ce live manquait de cohérence, et la musique de Dandy Jack est tout simplement chiante. J’aime bien Perlon, mais là, quel ennui!

    Le final m’a complètement laissé sur ma faim. Symphonie for the apocalypse est un morceau formidable, le voir couper de cette façon, quel dommage quand même :)

  2. Maxime

    C’est même honteux de l’avoir coupé ainsi !!!!
    Complètement frustré :-(

  3. Nicolas

    Argh, ça fait de la peine à lire. Quand une soirée a l’air si bien sur le papier et qu’en fait elle ne décolle pas vraiment, c’est juste super triste.

  4. Pierre-Nicolas

    En même temps je ne m’attendais pas un truc extraordinaire avec Dent dit Jacques. Mais bon par curiosité quand même… Peut-être que dans un an, après avoir rodé le truc ça défoncera. Mais bon je doute que ce dernier arrive vraiment à progresser beaucoup, il semble avoir atteint sa limite (je le dis sans être trop méchant ou négatif).

  5. pheek

    c’est vraiment mauvais… :(

  6. Qays

    Dandy Jack fait de la musique electronique depuis les debuts 90 et il a largement contribué au développement de la house en europe. On ne peut avoir que du respect pour cet artiste. Et si des fois son live semble “imparfait” c’est parce qu’il d’un VRAI LIVE … pas un truc pré-enrigstré. Il ose expérimenter.
    Je me rapelle avoir passé des soirées incroyables grâce au Dandy … Et heureusement il y en aura d’autres !

  7. Martin

    Et des “Atila Roi des Huns” il yen aura toujours grâce à des gens comme Dandy et cette musique !! Ahahaha ;)

  8. Julien

    Hello

    Je suis du côté de Qays et Martin.
    j’ai booké Dandy Jack sur Marseille l’année dernière et c’etait tout simplement un des meilleurs live que j’ai entendu (et vu). En matière de prestation scénique et aussi pour son expérimentation.

    bref voila la preuve que ce n’est pas mou et dénué de sens ce qu’il fait :

    Le live enregistré lors de sa prestation à Marseille.
    http://www.megaupload.com/fr/?d=X4HARAIA

    Donc je pense juste qu’ils ne sont pas encore rodés, et que peut etre justement le style de Mathew jonson est + techno que celui de Dandy, ou aussi que celui de Dandy peut être aussi trop minimaliste.

    A ré-entendre donc je pense.

    Peace.

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