Playlist Poum Tchak! : mars 2011

April 13th, 2011 by Pierre-Nicolas Mader

Beaucoup de polémiques et de réflexions à lire sur le blog de Boing Poum Tchak! ces derniers temps, mais finalement peu de musique, de nouveautés, de petites choses sucrées-salées à se mettre sous la dent. En attendant la prochaine édition papier au mois de mai, et toujours en complémentarité avec la page facebook, voici quelques disques d’ici et d’ailleurs qui ont marqué mes dernières semaines.

Nombre de djs, toujours plus avant-gardistes que l’avant-garde elle-même, aiment à présenter leur playlist du mois d’avril 2011… dès la fin mars 2011. Techniquement une playlist pour moi est une selection musicale représentative d’une période donnée (mensuelle pour le coup). Quand je fais une playlist, elle représente les morceaux, ou maxis, ou albums, qui m’ont marqués et que j’ai le plus écoutés au cours du mois qui vient de s’écouler. Comme une sorte de petit bilan sonore. Pour des raisons pratiques je la propose sur Resident Advisor, avant de la commenter ici-même. On y place seulement dix références, mais c’est déjà bien assez. Quelqu’un qui me dirait avoir créé une relation intime (voir marquante) avec plus de 30 titres en un mois me semblerait légèrement suspect.

N’ayant pas de productions à venir, ou de label sur lequel une sortie serait imminente, je n’ai pas non plus l’occasion de placer dans mes playlists mes propres tracks, ou remixes, ou titres sortis sur ma structure comme le font malheureusement beaucoup trop de producteurs. On se demande même parfois s’ils ne créent pas artificiellement leur liste uniquement pour faire la pub de leur petit business (ou de celui des copains qui renverront à leur tour l’ascenseur quand le moment viendra). C’est comme si l’on demandait à un écrivain de citer les cinq derniers livres qu’il a aimé, et qu’il nome trois contemporains, la réédition d’un classique et… son dernier roman. “Oui je me surkiffe bien en ce moment“.

Bref… Allons-y :

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En premier lieu bien sûr, l’album What have we learned de Morphosis aka Rabih Beaini. Un air de fin du monde réalisé en deux jours par un pur génie de l’analo court-circuité entre Sun Ra et Anthony Shakir. Entrevue spéciale avec le maestro vintage de retour au Liban, dans la prochaine édition papier de Boing Poum Tchak!.

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L’album de Lucy ensuite. Vraiment ce disque est épatant, réalisé pour majorité avec des field recordings (sons concrets enregistrés au magnétophone), les textures sont profondes, surprenantes, et l’ensemble est ultra cohérent. Un vrai long-format médité, réfléchi pendant plus d’un an, qui marque définitivement un tournant dans l’aventure Stroboscopic Artefacts. A contrario, l’album de Tommy Four Seven qui reprend les mêmes ingrédients ne lui arrive pas à la cheville, en se perdant dans les abysses d’un ennui morne, fond sonore d’une maison de retraite en Lozère qui se meurt gentiment. Mais heureusement que Chris Liebing était là pour mettre ses publicités sur Resident Advisor, et lui payer une interview qui le fait passer pour le premier explorateur du genre (non non oubliez Matthew Herbert et les autres on vous dit).

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Tin Man… Ah, c’est une histoire d’amour version grand cabaret que nous propose cet artiste si sensible, intimiste, que l’on regarde évoluer et murir disque après disque. Perfume est juste génial, en plus il sort sur un label français ! Un portrait et une chronique disque ont d’ailleurs été réalisés ici.

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Shackleton. L’ovni, l’indéfinissable, le sorcier aux drums, rythmiques, et ambiances mystiques post-modernes. Ici c’est le duo King Midas Sound, de la maison Hyperdub, qui est à l’honneur avec ce sublime remix mélancolique-dark, et cette pointe réminiscente de Portishead. Un titre inclassable, qui marquera tous les esprits qui tomberont un jour ou l’autre sur ces vibrations oniriques et obsédantes.

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Shadow Huntaz & Kareem – Nightfall. Au hasard des rencontres, ce titre est réapparu dans ma vie et je dois avouer qu’il est vraiment passé en boucle chez moi pendant une bonne semaine… Paru en 2007, j’avais à l’époque découvert Shadow Huntaz qui venait de sortir un excellent album de hip-hop dark / experimental sur la structure Skam, réputée pour son electronica radicale barrée (et accessoirement avoir lancé Boards of Canada). Je me souviens avoir checké les eps et collaborations sortis dans la foulée, dont ce maxi d’où est extrait ce titre assez sublime, il faut reconnaitre.

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Prommer & Barck – Lovin’. Changement total d’atmosphère avec l’un de mes weapons du moment, découvert à la force du poignée en diggant inlassablement les nouveautés des magasins de disques. Au début je n’avais pas fait le rapprochement avec Christian Prommer (responsable de deux albums de reprises jazz / future jazz – comme dit Gilles Peterson – de morceaux qui ont marqué l’Histoire des musiques électroniques dansantes). J’adore ce track, mais peut-être plus pour très longtemps. Car j’aime bien garder certaines choses pour moi, les partager juste avec mes amis, et vous chers lecteurs. Maintenant que j’ai appris que le titre va se retrouver sur un album dont la promotion est assurée par une maison sérieuse, arf… Tous les journaleux/blogueux vont encore écouter ça à la va-vite pour écrire leur papier sans jamais rien connaitre de la saveur que j’ai ressentie à le découvrir parmi une centaine d’écoutes de disques nazes, dégueux… quand tout à coup, un rayon de soleil, la tendresse réconfortante et inattendue de beats lumineux et d’atmosphères suaves et enivrantes ont fait irruption dans mon panorama sonore à la surprise générale, et pour mon plus grand bien. Surtout que la construction est vraiment intéressante. Au début on ne sait pas du tout à quoi s’attendre (on passe même le disque en 45t car on pense qu’il y a un problème). Je n’ai pas encore écouté l’album, mais bon…  Comme quoi parfois, garder le mystère, pour un disque, fait partie intégrante de sa magie.

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Obsolete Music Technology. Bombe bombe bombe. Le vrai kiff. Du son old-school-not-so-old-school et varié comme j’aime. On est vraiment dans l’univers de Steven Tang, entre rythmiques de Chicago et sonorités deep ala detroit-techno. Ce maxi est un pur petit bijou, des tracks de qualité pour s’hypnotiser, danser au-delà des frontières… Dépêchez-vous de le trouver, objet limité !

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Murcof – La sangre iluminada (infiné). Promo du prochain album / B.O. de l’immense Murcof, les morceaux de ce disque (à l’origine masterisé à l’emporte-pièce) ont retrouvé leur souffle originel grâce au travail des ingénieurs du studio Dubplates & Mastering à Berlin. Le son est très visuel si l’on peut dire, les images évoquées sont denses, profondes, remplies de mélancolie, de bleus à l’âme, propulsées au milieu d’un monde hostile et rude. Mon track préféré est le titre “pop” de cette B.O., avec ce chanteur poignant et cet ensemble musical bouleversant, wow… Encore une fois du grand, du très grand Murcof.

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O/V/R – Post-traumatic son (DVS1 pessimist mix). De plus en plus le boss de Minneapolis aime proposer plusieurs relectures des tracks qu’on lui soumet à remixer. J’aime beaucoup cette version “pessimiste”. Toujours ce style si unique, léger, ultra-flottant. J’aime ses prods, ses remixes, et c’est vraiment l’un mes djs du moment. Vu deux fois ces derniers mois au Berghain, il fait vraiment parti de la catégorie qui possède ce petit “plus” par rapport aux autres, cette sensibilité qui lui est propre, cette façon de proposer son histoire, de partager sa vision du truc… A retrouver également en interview dans le prochain Boing.

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Enfin, un petit track à la cool, oldie (1987), mais que j’ai écouté en boucle sur Youtube des dizaines de fois le mois dernier. Signalé par Prosumer sur son mur Facebook (d’ailleurs il signe le prochain mix Panorama Bar 03 avec quelques morceaux inédits et quasiment que des titres old-school house sortis autour de 1995 – et que du très très bon !). Joyce Sims – Come into my life. Le genre de pépite que Roger 23 s’autorise à placer en fin de soirée pour les derniers romantiques qui n’ont pas trouvé leur bonheur sur la piste. C’est mainstream, mais la prod est nickelle, même la guitare ne fait pas trop cheasy, la voix est superbe, les lyrics / le refrain (je ne vous en parle pas), et ce petit clip à la chandelle avec ce retro-lover à la moustache saillante qui apporte sa petite rose à sa bien aimée est juste… craquant ! Hâte de checker le vinyle pour découvrir la version “club” de 8 min.

One comment

  1. funky5No Gravatar

    hello,
    morphosis j’ai du mal a y entrer.
    Lucy vs tommy four seven,Lucy l’emporte haut la main,Toutefois les videos de tommy et chris liebing ensemble sonne bien (ils prennent même plaisir à jouer ensemble)pour tempérer ton avis négatif?!
    Sinon qu’est ce que t’en penses de routes no roots (plein de chroniques sur les blogs),……j’aime pas le côté spoken words……j’ai une grosse envie de house en ce moment….vivement le boingpoumtchak numero 5

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