[Fr] Interview : Jacques (Smallville / Paris)

Il était l’invité de notre deuxième Party Poum Tchak!. Jacques, patron du magasin de disques Smallville à Paris (l’un des rares à vendre encore du vinyle) nous propose sa réflexion autour de l’identité du disquaire indépendant aujourd’hui, de la culture clubbing à Paris (en comparaison de Hambourg, où se trouve la maison mère Smallville connectée au label Dial), et nous raconte son histoire : qui est-il, d’où vient-il, et pourquoi avoir choisi cette voie à l’heure du “tout digital” ? Réponses après le click.
En comparaison à l’Allemagne, la France a un côté conservateur qui sclérose un peu l’initiative dans le domaine artistique. On préfère faire prendre les risques (qui n’en sont pas vraiment en fait) aux autres, attendre de voir ce qui plait plutôt que de juste croire à ce que l’on aime et essayer de le promouvoir.
Jacques
Qui es-tu Jacques ?
J’ai ouvert il y a plus de deux ans une annexe parisienne du label et disquaire Smallville records de Hambourg. Le magasin se trouve au 23 rue Sainte Marthe dans le 10eme à Paris. J’organise des soirées entre Paris et Berlin et je suis également dj.
Que faisais-tu avant d’être disquaire ?
Avant d’ouvrir mon propre magasin de disques je partageais mon temps entre la fac et un autre disquaire, Daphonics records, où je travaillais avec Clément Aswefall (gravitant aussi autour de Kill The DJ ndlr).
Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce métier ?
J’ai toujours écouté beaucoup de musique. Dès que j’ai pu, j’ai fait l’acquisition d’une platine et n’ai depuis cessé de m’acheter des vinyles. J’allais souvent par exemple chez Rough Trade, Katapult ou DaGroove (ex-Daphonics). C’est d’ailleurs comme ça que Clément m’a proposé de travailler avec lui. Je n’avais jusqu’alors jamais réellement pensé à être disquaire mais j’y ai bien sûr vite pris gout, en réalisant que ma passion pouvait devenir mon métier.
Comment t’es venue l’idée de lancer un shop Smallville, connecté à celui de Hambourg ? Et comment s’est réalisé le projet ?
C’est en discutant de notre gout commun pour la musique de Lawrence avec Chloé que celle-ci m’a appris qu’il avait ouvert son propre magasin de disques à Hambourg. Peu de temps après la fermeture de Daphonics, j’ai fait la rencontre de Pantha Du Prince à Paris et lui ai alors proposé d’ouvrir un shop parisien en connexion à celui de Hambourg. Il en a parlé à Pete et Julius, l’idée leur a plu et ils nous ont alors aidé à mettre en place la structure a Paris. C est donc un peu grâce à eux tous que Smallville Paris existe aujourd’hui et je leur en suis très reconnaissant !
Le mois dernier encore, la légendaire boutique spécialisée dans la drum’n’bass Black Label à Paris a fermé ses portes. Comment vois-tu l’évolution des disquaires vinyles ? Sont-ils tous condamnés à fermer ? (au profit des disquaires en ligne ?)
Ce n’est un secret pour personne : les circonstances actuelles ne sont pas favorables à cette activité (concurrence du mp3, crise etc…) mais pour ma part je m’en sors plutôt bien et reste optimiste. Nous sommes encore beaucoup à être attachés au vinyle et à le préférer aux autres supports pour de nombreuses raisons.
De plus pour ce qui est de Smallville, la synergie entre le label, le magasin et l’organisation de soirées nous est certainement bénéfique. Et j’espère que les disquaires encore présents aujourd’hui sauront trouver un moyen de s’adapter pour continuer à supporter et partager la musique qu’ils aiment.
Que penses-tu de l’évolution des ventes digitales et de la baisse de celles du vinyle tout au long des années 2000 ?
Il y a bien sûr eu une corrélation inverse très forte entre les ventes digitales et celles de vinyles mais je pense que ces dernières ont désormais atteint en quelque sorte un seuil minimum et j’espère que les nouveaux consommateurs de musique, d’abord séduits par le cote pratique du mp3, de l’ipod ou du Serato seront curieux d’y chercher une alternative et se rendront aussi compte des nombreux avantages du vinyle.
Tu vis entre Paris et Hambourg. Quelles différences constates-tu au niveau de la culture club / culture musicale, entre ces deux villes ? Que manque-t-il à Paris ?
Je trouve qu’en comparaison à l’Allemagne, la France a un côté conservateur qui sclérose un peu l’initiative dans le domaine artistique, excepté pour la mode à Paris peut être. On préfère faire prendre les risques (qui n’en sont pas vraiment en fait) aux autres, attendre de voir ce qui plait plutôt que de juste croire à ce que l’on aime et essayer de le promouvoir. Peut-être qu’en conséquence, la curiosité et la sensibilité du public allemand se sont plus développées, donnant plus de liberté aux programmateurs / promoteurs, donc plus de choix au public et ainsi de suite…
La scène club de Paris est plus réduite, et s’y faire une place devient presque plus une histoire de marketing que de musique. Peut-être manque-t-il à Paris un club comme le Golden Pudel de Hambourg, où les propriétaires ont su garder intacts l’âme du lieu et son côté alternatif, et où les artistes (comme Daniel Bell prochainement) viennent jouer pour le plaisir… Mais il y a toujours de bonnes soirées à Paris, comme la prochaine que nous organisons au Nouveau Casino à l occasion des 4 ans de Smallville, avec Patrice Scott, Pantha du Prince, Julius Steinhoff et moi. :-).
Tes derniers coups de cœurs musicaux ?
STL – SILENT STATE (SMALLVILLE12)
RICK WADE – INTELLIGENCE (LAID01)
Qu’as-tu pensé de notre dernière Party Poum Tchak! ?
J’y ai passé un très bon moment, j’espère que ceux qui étaient là aussi !
Un dernier mot?
Merci !
Smallville fête ses 4 ans avec Patrice Scott :

http://www.smallville-records.fr/
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[Fr] V.A. – And suddenly it’s morning (smallville)


May 7th, 2009 at 9:09 pm
en france les amoureux du disque sont finalement peu nombreux , et je suis totalement d’accords avec l’état de sclérose de la france , qui n’arrive pas à évoluer quand bien même on a une administration socialiste ou libérale. C’est une sorte d’état d’esprit, mais aussi de lourdeur des qu’on veut entreprendre quelque chose. C’est pour cela que les gens ne prennent pas de risque.
Dommage pour BLACK LABEL mais c’était cependant un shop très mal géré. Pas de break , ni de dubstep dispo dans les bacs …
De toute façon en 2009, si on veut faire quelque chose niveau electro , mieux vaut faire son réseau hors de france. Les producteurs français réussissent mieux à l’étranger , en france , que dalle.
May 8th, 2009 at 11:04 am
… respect pour continuer a faire vivre la galette !… base a saigon au vietnam je peux vous dire que je suis bien content d’avoir voyage avec mes vinyles … sur les platines ici ca fait la difference … maintenant sans le mp3 je serai bien triste aussi sans pouvoir acceder aux nouvelles productions … sinon niveau clubbing, peut etre que ca peut vous rassurer mais je pense que c’est plutot la scene allemande qui est une exception et le “conformisme” musical qui represente une norme mondiale …. vu d’ici la scene francaise meme est plutot au top